La mer a toujours fait partie de ma vie.
De la Bretagne, l'Océan Indien, les Antilles, j’ai navigué, pêché, affronté les tempêtes, croisé des dauphins, des requins… et parfois la détresse d’autres marins.
En mer, chaque jour est différent, et chaque décision peut compter.
À Saint-Martin, j’ai construit une nouvelle vie, entre pêche, navigation et rencontres humaines fortes.
Des sauvetages en mer, des nuits de veille, des traversées sous les étoiles… autant d’expériences qui marquent à jamais.
Aujourd’hui, installé au Québec, je peint ses souvenirs.
Mes tableaux sont le reflet de ces moments vécus, entre danger, beauté et liberté.
La mer était calme ce jour-là, presque trop calme, nous étions à la peche sportive avec des passagers des Amériques fort sympatique, nous discutions de marlins, dorades, thons en buvant une bière fraiche et plein d'éspoir pour notre peche.
Un appel de détresse a brisé le silence.
Un jeune marin et son frere au large d’Anguilla à plusieurs miles, prenait l’eau. Son bateau un Bertram coulait.
Nous avons mis cap immédiatement.
À notre arrivée, il n’y avait plus de temps à perdre. Le bateau disparaissait sous nos yeux.
Nous les avons embarqué à bord, quelques instants avant qu’il ne sombre définitivement.
Une fois à bord , nous les avons réconforter et retour à St-martin pour les débarquer et retrouver leurs parents qui étaient très inquets.
La journée de peche était perdu, mais nos clients du jour étaient toujours de bonne humeur.
Je nai jamais eu de leurs nouvelles, pourtant nous habitions sur la meme ile.
En mer, tout peut basculer en quelques minutes.
Ce jour-là, nous étions au bon endroit… au bon moment.
C’était en février, pendant la saison des baleines à bosse.
Nous étions en mer, avec des clients habitués de Saint-Martin, à la recherche de ces géants.
La mer était calme, le ciel dégagé.
Au loin, j’aperçois un panache d’eau.
Une baleine.
Nous nous approchons doucement… puis je remarque un baleineau à ses côtés.
Instantanément, je reste à distance.
Une mère peut devenir dangereuse si son petit est menacé.
Mais soudain, le baleineau quitte sa mère… et se dirige vers nous.
À bord, tout le monde retient son souffle.
Je garde le cap, au ralenti.
Puis, sans un bruit, la mère disparaît.
Quelques secondes plus tard, elle réapparaît… entre nous et son petit.
Elle se place sur le côté, lentement…
sort son œil hors de l’eau…
et nous regarde.
Un regard calme. Profond.
Comme pour nous dire :
« Je vous ai vus… et je vous laisse approcher. »
Puis, doucement, elle écarte son petit et s’éloigne.
À bord, personne ne parlait.
L’émotion était totale.
Ce jour-là, la mer nous avait offert une leçon silencieuse.
Une leçon que je n’oublierai jamais.
UN VOILIER EN DETRESSE A ANGUILLA
Toujours dans les eaux chaudes et lumineuses d’Anguilla, alors que la matinée de pêche s’annonçait paisible et presque routinière, bercée par le clapotis régulier de la mer contre la coque et le cri lointain des oiseaux marins, nous avons soudain reçu un appel de détresse qui a immédiatement rompu cette tranquillité apparente, un message bref, tendu, presque haché, signalant qu’un voilier se trouvait à proximité et que son propriétaire venait d’être grièvement blessé.
Très vite, les informations se précisèrent : dans un geste de malheureux, l’homme s’était tiré lui-même une fusée éclairante dans la jambe, provoquant une plaie béante, un trou large et profond, accompagné d’une perte de sang importante qui laissait présager une situation critique si rien n’était fait rapidement.
Sans la moindre hésitation, nous avons interrompu la pêche, les lignes encore tendues dans l’eau, et mis immédiatement le cap vers le voilier, qui se trouvait heureusement à courte distance, comme posé sur la mer, immobile, presque vulnérable sous le soleil déjà haut.
J’ai alors envoyé Alan, mon matelot, à bord du voilier afin d’évaluer plus précisément la situation, et pendant qu’il passait d’un bateau à l’autre avec l’agilité que donne l’expérience, je restais aux commandes, maintenant notre position avec précaution, attentif au moindre mouvement.
Quelques minutes plus tard, Alan me fit un compte rendu rapide mais suffisamment clair pour comprendre l’urgence : l’homme était conscient, mais affaibli, la douleur visible sur son visage, et la blessure nécessitait une prise en charge rapide et sérieuse.
Ne pouvant laisser mes clients seul sur le bateau , je demandais à Alan d'effectuer les premiers soins avec les moyens du bord , arrêtant au mieux l’hémorragie, stabilisant le blessé autant que possible, puis j’ai décidé de mettre le cap sur Anguilla, Alan prenant la barre du voilier . Ensuite je pris contact avec les autorités de l’île par radio afin qu’une équipe médicale soit prête à intervenir dès notre arrivée.
La mer, pourtant calme, semblait soudain plus lourde, comme si le temps lui-même s’était ralenti, chaque minute prenant une importance particulière dans cette course silencieuse vers la côte.
Les autorités ont rapidement répondu a mon appel, organisant une rencontre en mer afin d’éviter toute perte de temps inutile, et peu après, nous avons vu apparaître leur vedette, se rapprochant à vive allure.
Le transfert du blessé s’est fait avec soin, presque dans un silence respectueux, chacun concentré sur les gestes essentiels, et une fois l’homme installé à bord de leur embarcation, pris en charge par du personnel soignant compétent, un certain relâchement s’est fait sentir, discret mais réel.
Rassurés d’avoir accompli ce que nous pouvions faire, et confiants quant à la suite de sa prise en charge, nous avons repris la mer, reprenant également, presque naturellement, notre activité de pêche, comme si la vie, fidèle à elle-même, reprenait son cours après cette parenthèse tendue.
Plus tard, j’appris que le propriétaire du voilier s’en était sorti, que ses jours n’étaient plus en danger, une nouvelle qui apporta une satisfaction simple, profonde, sans éclat inutile.
Et pourtant, malgré cette intervention marquante, malgré ce moment suspendu entre urgence et solidarité, je n’ai jamais eu l’occasion de le rencontrer de nouveau, comme si cette histoire appartenait désormais à la mer, à ces rencontres fugitives qu’elle seule sait provoquer et effacer dans le même mouvement.
St-Martin FWI
Une petite ile des Antilles Françaises avec peu de vegétation, une population accueillante et fataliste envers les cyclones qui viennent régulièrement détruire l'ile. Nous en avons subit 12 à Oyster-pond, les bateaux détruits ou fortement endommagés avec de longue réparation . Heureusement la solidarité était présente et le soir au bar du Dinguy-Dock, on trouvaient des solutions , des partenaires, des aides, des adresses,...avec souvent des couchés de soleil époustouflants. le Capitaine Olivers le boss de la marina nous trouvait toujours une place de secours en cas de cyclone , l'entraide était toujours la entre Français et Hollandais, un petit monde à part.
LA MARINA DU CAPTAIN OLIVER'S
LES COUCHÉS DE SOLEIL A ST-MARTIN